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La consommation de cannabis pour contrer la douleur et l’inflammation

Découvrez comment le cannabis agit dans le corps pour soulager la douleur et l’inflammation ainsi que des études récentes sur les conditions que le cannabis peut aider à prendre en gérer.



Le cannabis et le système endocannabinoïde



L’utilisation du cannabis pour la gestion de la douleur a été mentionnée il y a environ deux mille ans dans le premier livre connu de médecine chinoise traditionnelle, et même plus tôt dans d’anciens textes ayurvédiques de l’Inde. Aujourd’hui, le soulagement de la douleur est la raison la plus fréquente pour laquelle les patients se tournent vers le cannabis médical. Alors que les scientifiques cherchent à confirmer la capacité de cette plante à soulager la douleur, l’inconfort et l’inflammation, des recherches de plus en plus nombreuses révèlent que le cannabis est un outil prometteur pour gérer de nombreux types de douleur – comme les anciens le soupçonnaient il y a longtemps. 


Comment le cannabis aide-t-il à gérer la douleur et l’inflammation?

Pour comprendre comment le cannabis atténue la douleur, nous devons d’abord comprendre le système des endocannabinoïdes, le plus important système de récepteurs du corps humain. Vous avez peut-être entendu parler des récepteurs de la dopamine, de la sérotonine ou de l’histamine. Comme le système endocannabinoïde n’a été découvert qu’en 1988, la plupart des gens ne connaissent pas les récepteurs cannabinoïdes.

Comme leur nom l’indique, les récepteurs cannabinoïdes réagissent à des substances chimiques appelées cannabinoïdes qui sont naturellement présentes dans le cannabis, notamment le THC et le CBD et, dans une moindre mesure, à des cannabinoïdes mineurs comme le CBG, le CBN et le CBC. Notre corps possède ces récepteurs parce que nous fabriquons nos propres endocannabinoïdes – endo signifiant qu’ils proviennent de l’intérieur du corps.

L’un de ces endocannabinoïdes est appelé anandamide, en référence au mot sanskrit ananda, qui signifie « béatitude ». L’anandamide est produit sur demande par le corps pour l’aider à réguler la douleur et d’autres états fluctuants comme l’humeur et l’appétit. (Bien que présent à très faibles doses, l’anandamide a également été détecté dans le chocolat et pourrait être responsable de la sensation de bien-être que certaines personnes éprouvent en mangeant cette friandise.)

Les chercheurs ont découvert l’anandamide après avoir découvert des récepteurs répondant au THC, un cannabinoïde. Ils ont ensuite trouvé des concentrations de récepteurs favorables au THC dans le cortex cérébral, le cervelet, l’hippocampe et les noyaux gris centraux, des zones impliquées dans le contrôle de la sensation à la douleur. Comme le THC a une structure moléculaire similaire à celle de l’anandamide, ce cannabinoïde intoxicant se lie facilement aux récepteurs endocannabinoïdes qui ont une affinité pour l’anandamide. Les chercheurs ont nommé ces récepteurs CB1.

Peu après la découverte de l’anandamide et des récepteurs CB1, les chercheurs sont tombés sur un vaste éventail de récepteurs différents qui répondent au CBD, un autre cannabinoïde. Bien sûr, il existe un endocannabinoïde ayant une structure moléculaire similaire à celle du CBD, appelé 2-arachidonoylglycérol, ou 2-AG, qui est également produit par l’organisme en réponse à la douleur, en particulier lorsque les tissus sont soumis à un stress aigu.

Ces récepteurs très répandus qui répondent au CDB se trouvent en plus grand nombre dans le système immunitaire du corps : organes, glandes, cellules immunitaires et tissus conjonctifs. Les scientifiques ont nommé ces récepteurs CB2, et avec les récepteurs CB1, ils constituent le système endocannabinoïde. Les chercheurs ont depuis trouvé cinq récepteurs cannabinoïdes dans le système endocannabinoïde, mais le CB1 et le CB2 comptent pour la grande majorité.


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Le système endocannabinoïde et la douleur

Lorsque votre corps subit des lésions tissulaires, il fabrique en premier lieu les endocannabinoïdes anandamide et 2-AG. Comme les récepteurs CB1 sont situés le long des voies de la douleur à la fois dans le système nerveux périphérique (membres, glandes et organes) et dans le système nerveux central (moelle épinière et cerveau), l’activation de ces récepteurs par le cannabis peut aider à moduler la sensation de douleur. Des recherches ont montré que lorsqu’ils sont activés par le THC – et dans une moindre mesure par le CBD et les cannabinoïdes mineurs – les récepteurs CB1 semblent réduire la sensibilité à la douleur.

L’inflammation, qui est la réponse saine du système immunitaire aux infections et aux blessures, peut être exacerbée par le stress et d’autres facteurs. La stimulation des récepteurs CB2, que l’on trouve dans tout le système immunitaire, semble ordonner aux cellules de ralentir ou d’arrêter la libération des cytokines responsables de l’inflammation. Les recherches ont montré que le CBD peut inhiber la production de cytokines, bien qu’il n’existe pas à ce jour d’études publiées prouvant que le CBD permet de gérer la douleur.

En ce qui concerne l’utilisation du cannabis comme médicament, il est bon de se rappeler que le CBD et le THC ne sont pas les seules molécules en jeu. Il existe également des terpènes, des flavonoïdes et des centaines d’autres composants qui travaillent tous en synergie, ce qu’on appelle l’effet d’entourage. Par exemple, le terpène aromatique myrcène, que l’on trouve également dans la mangue et le céleri, possède un léger effet sédatif et on pense qu’il accentue les effets ressentis du THC au moyen d’autres mécanismes dans le corps.

Le cannabis peut aussi amplifier les effets d’autres médicaments. Il y a de plus en plus de preuves qui suggèrent que les patients utilisant des médicaments traditionnels pour soulager la douleur, comme les opioïdes, sont en mesure de réduire leur consommation de ces médicaments en les combinant avec un traitement par le cannabis. D’autres preuves suggèrent que le cannabis pourrait atténuer les symptômes semblables à ceux de la grippe associés au sevrage des opioïdes. Cependant, gardez à l’esprit que de combiner plusieurs médicaments antidouleurs peut être dangereux et que vous ne devriez le faire que sous la supervision de votre fournisseur de soins.

 


Quelles formes de cannabis sont les meilleures pour soulager la douleur



CBD ou THC pour le soulagement de la douleur?

En raison de l’intérêt croissant du public pour les produits exclusivement à base de CBD, il pourrait être tentant de voir le traitement par le cannabis qu’en termes de CBD ou de THC. Mais la réalité est que ces molécules issues du cannabis fonctionnent mieux ensemble, un concept connu sous le nom d’effet d’entourage. C’est pourquoi de nombreux médicaments à base de cannabis contiennent souvent les deux, même en faible quantité.

Les études menées jusqu’à présent se sont principalement concentrées sur le cannabis contenant du THC pouvant contenir ou non du CBD. Parmi ces études, les preuves indiquent que le cannabis riche en THC est efficace pour soulager la douleur chronique, en particulier la douleur neuropathique chronique. En ce qui concerne la douleur aiguë, une poignée d’études de moindre envergure ont montré que le cannabis n’avait que peu ou pas de rôle dans la gestion de la douleur, bien que des recherches soient toujours en cours.

Bien que l’étude du CBD pur n’en soit qu’à ses débuts, les preuves suggèrent qu’il possède ses propres propriétés antidouleur en plus de sa capacité à soulager l’inflammation. Le CBD s’avère prometteur dans la réduction des symptômes de l’inflammation de la rétine et de l’inflammation intestinale. Les essais précliniques montrent également que le CBD pourrait aussi aider à gérer la douleur neuropathique et l’ostéoarthrite.

Selon le type de douleur et d’inflammation que vous essayez de gérer, votre fournisseur de soins pourrait vous suggérer du cannabis à haute teneur en CBD ou en THC, ou une combinaison des deux, en fonction de la situation et de vos symptômes.


Les huiles de cannabis constituent-elles un meilleur choix pour soulager la douleur?

Pour les patients qui cherchent un traitement de la douleur de longue durée ou qui ne veulent pas prendre de médicament par inhalation, l’ingestion d’huile de cannabis peut être une bonne option. L’huile à vaporiser à action rapide peut commencer à agir en moins de 15 minutes, tout comme les produits à base d’huile de cannabis avec un compte-gouttes titré ou intégré avec lequel on applique quelques gouttes sous la langue avant d’avaler. En l’ingérant directement, l’huile de cannabis fait effet dans les 90 minutes. Les patients peuvent s’attendre à ce que les effets des huiles de cannabis durent entre deux et huit heures.

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Les produits comestibles et les boissons à base de cannabis commencent à agir après un délai semblable – dans les 15 minutes pour les boissons ou dans les 90 minutes pour les produits comestibles, et leur effet durent de deux à huit heures.

Cependant, pour des effets immédiats, l’inhalation de la fumée ou le vapotage constitue une meilleure voie d’administration. L’effet se fait sentir en quelques secondes ou minutes, et l’impact complet est ressenti en 10 à 30 minutes. La gestion des symptômes dure généralement de trois à quatre heures et jusqu’à six heures.

Quels types de douleur peut-on soulager avec le cannabis?

Alors que des études préliminaires de plus en plus nombreuses démontrent que le cannabis peut soulager la douleur et l’inflammation, la publication d’essais contrôlés randomisés à double insu (la référence absolue en recherche scientifique) se fait encore attendre pour plusieurs conditions. Voici les découvertes les plus récentes :

Douleur au dos : Un récent essai préclinique mené auprès de 46 patients souffrant de douleurs dorsales chroniques, pour qui les opioïdes ou d’autres médicaments analgésiques n’étaient pas efficaces, a montré que le cannabis était efficace pour gérer leur douleur tout en améliorant leur qualité de vie globale.

Douleurs menstruelles et endométriose : Il y a une forte concentration de récepteurs CB1 dans les ovaires et l’utérus, ainsi que certains récepteurs CB2. Dans cinq études cliniques sur l’endométriose, dont deux essais contrôlés randomisés, on a constaté que le cannabis soulageait considérablement les règles douloureuses et les douleurs pelviennes générales associées à l’endométriose.

Douleur arthritique : De nombreuses études sur l’arthrite classique, qui est une perte de collagène autour des articulations, ont montré que le CBD avait un effet anti-inflammatoire sur ces zones. Des études ont également montré que l’activation des récepteurs CB2 peut diminuer d’autres lésions articulaires. Un essai contrôlé randomisé sur la douleur associée à la polyarthrite rhumatoïde a démontré qu’une forme synthétique de cannabis, le nabiximol, aidait à gérer la douleur en mouvement et au repos, et procurait une meilleure qualité de sommeil par rapport au placebo.

Migraine et maux de tête : Alors qu’une étude préliminaire a montré que le cannabis n’était pas meilleur pour la gestion de la douleur que l’amitriptyline pour les migraines et les algies vasculaires de la face, un sous-groupe de cette même étude – des adultes souffrant de migraines depuis leur enfance – a constaté une diminution de la douleur lors de l’utilisation du cannabis comme traitement interruptif pendant une crise de migraine. Cependant, aucun essai contrôlé randomisé n’a permis de confirmer ces résultats,

Fibromyalgie : Dans une étude d’observation portant sur 367 patients atteints de fibromyalgie, la plupart ont signalé une réduction de la douleur avec la thérapie par le cannabis, et plus de 80 % ont vu leurs symptômes s’améliorer après six mois. Un essai contrôlé randomisé avec une drogue synthétique à base de cannabis, le nabilone, a montré une gestion constante de la douleur et une amélioration de la qualité de vie après six mois.

Maladie intestinale inflammatoire : On sait que les récepteurs CB1 aident à moduler et à contrôler la fonction gastro-intestinale. Un essai contrôlé randomisé et un examen ultérieur n’ont pas permis de conclure si le cannabis gérait la douleur et les autres symptômes associés aux maladies inflammatoires de l’intestin. Toutefois, une étude pilote plus récente a démontré une amélioration des symptômes des patients atteints de maladie intestinale inflammatoire après trois mois de traitement par le cannabis.

Lésion cérébrale traumatique : Des essais menés chez des animaux ont montré que le cannabis synthétique avait des propriétés neuroprotectrices dans le traitement des lésions cérébrales traumatiques. Bien qu’il existe des preuves anecdotiques de l’effet du cannabis sur les maux de tête et d’autres symptômes associés aux lésions cérébrales traumatiques, des essais contrôlés et randomisés n’ont pas encore été effectués pour le confirmer.

 

Et si je prends trop de cannabis pour ma douleur?

Prendre trop de cannabis peut entraîner une expérience très désagréable, mais ne peut pas entraîner directement la mort. Comme il n’y a pas de récepteurs cannabinoïdes connus dans les centres cardiaques et respiratoires du tronc cérébral, un excès de cannabis ne provoquera pas l’arrêt du cœur et des poumons, un phénomène qui peut se produire en cas de surdose d’opioïdes. La meilleure chose à faire en cas d’empoisonnement par le cannabis est de trouver un endroit confortable pour vous reposer, rester hydraté et attendre que les cannabinoïdes sortent de votre système. Si vous vous inquiétez de vos symptômes après avoir consommé du cannabis, contactez votre centre antipoison local ou appelez notre équipe du Centre d’assistance sur le cannabis Shoppers au 1-844-633-2627 du lundi au vendredi, de 9 h à 21 h (HNE), ou le samedi, de 9 h à 17 h (HNE).

Dois-je me sentir « intoxiqué » pour que le cannabis fonctionne?

Vos médicaments à base de cannabis ne doivent jamais vous causer de l’inconfort ni interférer de manière significative avec vos activités quotidiennes comme le travail ou l’école. Si votre schéma posologique de gestion des symptômes comprend du THC, votre fournisseur de soins de santé pourrait vous suggérer de prendre moins de THC pendant la journée et plus en soirée, ce qui vous permettra de dormir malgré les effets intoxicants potentiels.

Un schéma posologique à dose élevée de CDB est généralement bien toléré par les patients et ne génère pas de sentiment d’euphorie, bien qu’il ait un effet sur le cerveau. À titre anecdotique, certaines personnes trouvent qu’une faible dose de CBD prise en soirée nuit à leur sommeil. Demandez à votre pharmacien ou à votre professionnel de la santé comment réduire au minimum l’intoxication potentielle tout en vous assurant de vous reposer suffisamment la nuit. 



Oméga-3 et inflammation



La connexion oméga-3

Il est bien documenté que les acides gras oméga-3, présents dans les aliments comme l’huile de poisson et les graines de lin, ont un effet positif sur l’inflammation corporelle. Ces acides gras peuvent également jouer un rôle de soutien dans la thérapie par le cannabis : une étude récente indique qu’ils peuvent aider l’organisme à améliorer sa capacité à accéder aux cannabinoïdes dans la circulation sanguine et à aider l’ensemble du système endocrinien à fonctionner à des niveaux optimaux. Parlez à votre pharmacien pour savoir si des suppléments d’acides gras oméga-3 pourraient être combinés à votrecannabis médical.


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