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Le lien entre la nutrition et le cannabis

Une bonne alimentation peut-elle rendre l’utilisation du cannabis médical plus efficace? Les recherches préliminaires suggèrent que oui. Voici ce que nous savons de l’interaction entre les composés du cannabis et les gras alimentaires, la caféine et les bactéries dans le tractus gastro-intestinal, c’est-à-dire le microbiome intestinal.

Il y a plusieurs siècles, le cannabis médical était souvent un mélange de fleurs ou de résines riches en cannabinoïdes avec des ingrédients alimentaires. Ce n’était pas seulement pour rendre le médicament plus agréable au goût : les anciens médecins octroyaient une grande importance aux épices, aux gras, aux édulcorants et aux autres ingrédients qui semblaient, selon eux, avoir leurs propres bienfaits médicaux potentiels.

Aujourd’hui, les scientifiques commencent à comprendre comment la relation entre les composés du cannabis, comme le CBD et le THC, et les nutriments alimentaires de tous les jours, a un effet combiné sur le corps humain. Voici quelques-uns des premiers résultats cliniques sur le cannabis et la nutrition :





Les acides gras oméga-3 et le système endocannabinoïde

On pense que les acides gras oméga-3, comme ceux retrouvés dans l’huile de saumon et d’olive, maintiennent le fonctionnement optimal du système endocannabinoïde humain. Nos systèmes endocannabinoïdes sont composés d’un vaste réseau de récepteurs présents dans tout le corps et régulent nos états corporels « de relaxation, d’alimentation, de sommeil, d’oubli et de protection ».

Ces récepteurs répondent aux cannabinoïdes, comme le CBD et le THC, qui permettent une cascade de réactions corporelles – autant physiques que mentales – qui peuvent être bénéfiques pour la gestion de nombreux problèmes de santé. Avec une alimentation adéquate en acides gras oméga-3, les patients peuvent tirer davantage de bienfaits de leur cannabis médical.

Voici comment :


Une alimentation qui « tonifie » le système endocannabinoïde

Des études menées sur des souris ont montré qu’une alimentation suffisamment riche en acide gras oméga-3 est en corrélation avec la signalisation des récepteurs endocannabinoïdes, ce qui signifie que ces récepteurs sont plus efficaces pour envoyer et recevoir des messages. D’autres études ont démontré que lorsque les souris n’avaient pas suffisamment d’acide gras oméga-3 dans leur alimentation, les récepteurs CB1 deviennent désensibilisés. Dans une étude distincte, après six semaines d’huile riche en acide gras oméga-3 ajoutée à l’alimentation des souris, les récepteurs CB1 étaient renforcés.

Pour un fonctionnement optimal du système endocannabinoïde, le rapport entre les acides gras oméga-6 et oméga-3 est de 4:1. Cependant, le régime alimentaire occidental est riche en matières grasses et en aliments hautement transformés, où ce ratio est plus près de 16:1.

Comment puis-je consommer suffisamment d’oméga-3?

La plupart des adultes peuvent consommer suffisamment d’acides gras oméga-3 par l’entremise d’aliments, surtout si leur alimentation est équilibrée. Les aliments riches en oméga-3 comprennent :

  • les poissons et les fruits de mer (surtout les poissons gras comme le saumon, la truite, le hareng, le maquereau, les anchois, les sardines);

  • les noix de Grenoble, les graines de chia, les graines de lin moulues, les graines de chanvre;

  • les huiles vĂ©gĂ©tales (comme l’huile de lin, l’huile de chanvre et l’huile d’olive). 

Les lignes directrices nutritionnelles pour les adultes se concentrent sur un seul type d’acide gras oméga-3 : l’acide alpha-linolénique (ALA). L’apport recommandé en ALA pour les adultes est de 1,6 g pour les hommes et de 1,1 g pour les femmes qui ne sont pas enceintes et qui n’allaitent pas.

Conseil de la diététiste : Les graines de chanvre sont très polyvalentes : vous pouvez en ajouter dans vos salades, votre yogourt et sur vos rôties à l’avocat le matin. Elles ajoutent aussi une délicieuse saveur de noix à vos smoothies, ou sont un excellent substitut sans noix aux pignons de pin dans un pesto maison.


Les acides gras oméga-3 et oméga-6 rendent les cannabinoïdes plus biodisponibles

Les patients ont peut-être entendu dire que de prendre leur cannabis médical avec des aliments riches en gras en améliore ses effets. C’est parce que des études sur des animaux ont montré que des cannabinoïdes administrés par voie orale (p. ex., en format comestible, en huile ou en gélule) combinés à des gras alimentaires activent le système lymphatique intestinal. Cela signifie que les cannabinoïdes se fixent aux cellules en mouvement dans le système lymphatique, augmentant ainsi l’exposition dans tout le corps. Les animaux des études ont reçu de l’huile de sésame, qui est très riche en acides gras oméga-6 et qui contient un peu d’oméga-3, bien que les chercheurs n’aient pas indiqué quel type d’acides gras (oméga-6 ou oméga-3) était optimal.


Avec le cannabis, les oméga-3 peuvent réguler la masse corporelle

Comme nous l’avons mentionné plus haut, les chercheurs trouvent qu’un manque d’acide gras oméga-3 entraîne des récepteurs endocannabinoïdes désensibilisés. En réponse, l’organisme génère plus de ses propres endocannabinoïdes « faits maison » pour compenser (à savoir, l’anandamide et le 2-AG, qui ont des structures similaires à celles du THC et du CBD).

Une surabondance de ces cannabinoïdes naturels est liée à l’inflammation et à l’obésité. De nouvelles données indiquent que le cannabis peut calmer les récepteurs endocannabinoïdes trop stimulés et hyperactifs, un processus appelé « action de frénation ». Les résultats préliminaires sur la prise en charge de l’obésité avec le cannabis montrent une diminution de l’apport alimentaire, une diminution de la masse adipeuse et une glycémie plus équilibrée.

Limiter la consommation d’aliments transformés à base d’huiles raffinées et augmenter la consommation d’aliments riches en oméga-3 est une excellente façon d’équilibrer le rapport acide gras oméga-6 et oméga-3 pour une meilleure santé générale. Avez-vous des questions? Nos diététistes en magasin peuvent vous aider avec les aliments ou les suppléments recommandés. Nous offrons des consultations téléphoniques gratuites de 15 minutes avec notre équipe de diététistes.


Cannabis et caféine

Des cas anecdotiques de la combinaison du cannabis médical et du café du matin ont donné des résultats mitigés : certains trouvent que le jumelage est agréable, d’autres, pas si agréable. Les recherches suggèrent que l’ensemble du système endocannabinoïde peut changer en réponse à la caféine, tandis que les études préliminaires semblent pointer vers un effet combiné du cannabis et de la caféine sur la mémoire.

Une combinaison qui peut ralentir le système endocannabinoïde

Une étude clinique récente a demandé à des buveurs de café de s’abstenir d’en boire pendant un mois, puis d’augmenter constamment leur consommation de café. Les résultats ont montré des taux réduits de métabolites endocannabinoïdes; en d’autres termes, il y avait moins de cannabinoïdes produits par le corps et de substances chimiques connexes présents dans l’organisme. Les chercheurs ont émis l’hypothèse que, puisque le café sollicite une réaction de stress, l’organisme a cessé de fabriquer ses propres produits chimiques réduisant le stress grâce au système endocannabinoïde.

Plus de café = plus de cannabis? Une étude menée sur des singes-écureuils a montré que plus les animaux recevaient de substances ressemblant à de la caféine, plus ils s’autoadministraient du cannabis. Et l’inverse était aussi vrai – moins ils ingéraient de produits contenant de la caféine, moins ils s’autoadministraient de cannabis.

Perte de mémoire et rétention en mémoire

Il existe deux études sur des animaux notables sur les effets de la caféine et du cannabis sur la mémoire. Lors d’une étude menée sur des rats, on a observé que la caféine combinée au THC aggravait la réponse de la mémoire. Dans une étude différente sur le poisson zèbre, dont les systèmes de mémoire sont affaiblis par le CBD, la caféine semblait contrecarrer les effets du CBD et améliorer la rétention en mémoire.

Conseil de la diététiste : D’autres recherches sont nécessaires dans ce domaine. Si vous cherchez des moyens de réduire votre consommation de caféine tout en profitant du goût du café, optez pour du café décaféiné ou même du café à la racine de chicorée. Et si vous cherchez simplement une boisson chaude pour vous réchauffer le matin, essayez la tisane.

Avertissement pour les patients : La caféine et le cannabis sont métabolisés par le foie. Les patients atteints d’insuffisance hépatique devraient discuter avec leurs professionnels de la santé de la combinaison des deux.



Le cannabis et le microbiote intestinal

Une bonne nutrition a un effet positif sur le microbiome intestinal, soit l’équilibre délicat des bactéries qui vivent dans le système gastro-intestinal et qui contribuent à la santé générale. Des études montrent que le microbiome intestinal a un effet sur le système endocannabinoïde, et inversement.

 

Système endocannabinoïde et liens avec le microbiome

Il existe des récepteurs cannabinoïdes présents dans l’ensemble du système gastro-intestinal qui semblent réguler les symptômes tels que les nausées, la douleur et l’inflammation au moyen d’un processus semblable à celui des probiotiques. C’est peut-être la raison pour laquelle des affections comme le SCI peuvent, par exemple, être mieux gérées par le cannabis médical.

Bien que cela montre l’effet du système endocannabinoïde sur la santé intestinale, une autre étude menée chez la souris a démontré que la santé intestinale pourrait aussi avoir un effet sur le système endocannabinoïde : les bactéries intestinales de souris déprimées ont été administrées à des souris réceptrices. Plus tard, les souris réceptrices ont présenté une réduction de la quantité de produits chimiques corporels nécessaires à la fabrication de leurs propres endocannabinoïdes.

Conseil de la diététiste : Pour favoriser la santé intestinale, introduisez chaque jour des aliments probiotiques à votre alimentation. Optez pour un yogourt probiotique nature ou du kéfir nature. Essayez de mélanger le kéfir dans vos smoothies du matin pour un effet crémeux et épais en bouche.

De nombreux produits chimiques du cannabis peuvent avoir des propriétés prébiotiques

Bien que les cannabinoïdes comme le CBD et le THC puissent aider à stimuler les récepteurs dans le système gastro-intestinal, les recherches suggèrent que d’autres substances chimiques dans le cannabis peuvent également avoir des propriétés prébiotiques, c’est-à-dire des éléments de soutien pour la santé des bactéries dans l’organisme. Les flavonoïdes, les lignanes, les terpènes et les polysaccharides du cannabis peuvent tous contribuer à améliorer le microbiome intestinal en général.

En influençant l’intestin, les cannabinoïdes pourraient atténuer l’inflammation cérébrale

Dans une étude préliminaire, des souris présentant une inflammation du cerveau et de la moelle épinière (encéphalomyélite) ont reçu en même temps du THC et du CBD. Les résultats ont montré des changements au niveau des microbiomes de souris ainsi qu’une réduction de l’inflammation cérébrale comparativement au groupe témoin. 

Le cannabis pourrait améliorer la santé générale du microbiome

Un examen clinique de personnes atteintes de troubles liés à la consommation d’alcool souligne les effets positifs du cannabis sur le microbiome. Grâce au cannabis, les personnes atteintes de troubles liés à la consommation d’alcool présentaient une inflammation réduite, des bactéries intestinales plus équilibrées et une perméabilité intestinale réduite, ce qui démontre l’effet que les cannabinoïdes peuvent avoir sur un système gastro-intestinal compromis. L’étude a également permis de réduire les envies d’alcool, ce qui indique que le cannabis avait un effet potentiellement bénéfique sur l’axe intestin-cerveau.

Il y a un endocannabinoĂŻdĂ´me

(Dites-le cinq fois rapidement!) En raison des données probantes de plus en plus nombreuses reliant le système endocannabinoïde et le microbiome, de nouvelles recherches explorent le concept de l’endocannabinoïdôme dans son ensemble. 

Il n’est jamais trop tard pour être proactif pour manger plus sainement, ce qui aide non seulement à promouvoir une bonne santé, mais peut aussi influencer la façon dont le cannabis médical peut aider à gérer des symptômes. Bien que la recherche clinique soit encore précoce, il semble y avoir un lien entre les aliments que nous mangeons et leur interaction avec le cannabis médical – et inversement.

L’un des domaines de recherche ciblés est la gestion de l’obésité avec le cannabis. Cela peut sembler contre-intuitif pour les patients qui ressentent une « forte envie de grignoter », sans oublier que le cannabis médical est une ordonnance approuvée pour stimuler l’appétit chez les patients atteints de cancer et de sida. Nous explorons ce concept plus en détail dans un autre article de blogue – visitez notre bibliothèque pour en savoir plus.